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Budget voté !

Consacré au vote du budget avec trois mois d’avance sur le calendrier habituel, le Conseil
municipal du 19 décembre a été marqué par un passage de témoin provisoire entre le maire
et sa première adjointe, pour raison de santé.

Consacré au vote du budget avec trois mois d’avance sur le calendrier habituel, le Conseil
municipal du 19 décembre a été marqué par un passage de témoin provisoire entre le maire
et sa première adjointe, pour raison de santé.

Un passage de témoin en bonne et
due forme a précédé le Conseil municipal
du 19 décembre.
En préambule,
le maire Jacques Salvator a annoncé
aux élus et habitants qu’il cessait d’exercer
ses fonctions, quelques semaines jusqu’à
fin janvier ou début février, étant tenu au
repos total avant et après une intervention
chirurgicale prévue tout début 2014 « pour
m’enlever un méningiome cérébral bénin
que l’on vient de me découvrir »
, a-t-il précisé,
avant de remettre ses pouvoirs à sa
première adjointe, Evelyne Yonnet. Après
qu’il eut quitté la salle, applaudi, élus et
public debout, c’est donc elle qui a ouvert
la séance.

Un ordre du jour consacré – et c’est une
première à cette période de l’année – à
l’adoption du budget primitif.
« C’était
une demande des élus d’avancer le vote
du budget, habituellement fixé en fin de
premier trimestre. Ainsi calé sur l’année
civile, ce calendrier garantit aux services
municipaux et aux associations une meilleure
visibilité, une action plus optimale »
,
ont expliqué Evelyne Yonnet et son collègue,
Benoît Logre.

Le budget présenté affiche une nouvelle
orientation des dépenses. L’année dernière,
des investissements lourds ont
permis d’achever de gros équipements,
Conservatoire, salle de spectacle L’Embarcadère
et groupe scolaire Taos Amrouche-
Charlotte Delbo en tête.

En 2014, ce sera l’entretien du patrimoine
existant qui primera (+1,7 million d’euros)
et les dépenses d’équipement seront
quasiment divisées par deux, passant de
38,3 millions d’euros à 19,4 millions d’euros.
Elles porteront sur l’équipement des
écoles en classes informatiques mobiles,
la mise en place d’un Espace famille rue
Danielle Casanova, la rénovation du stade
André Karman...
L’encours de la dette sera
dès lors stabilisé. L’emprunt d’équilibre
s’établit à 11,6 millions d’euros contre un
remboursement des emprunts antérieurs
de 12 millions d’euros.

Sur les emplois d’avenir, « Aubervilliers en tête en France »

Par contre, les dépenses de fonctionnement
progressent de 5,8 millions d’euros
pour atteindre 116,5 millions d’euros.
Ceci,
en raison des charges relatives aux nouveaux
équipements, aux emplois d’avenir
« recrutés au nombre de 104, ce qui place
Aubervilliers en tête en France »
, a précisé
Evelyne Yonnet –, au service de médiateurs
de nuit et aux ateliers issus de la
réforme des rythmes scolaires.

Vu que les recettes progressent moins vite
(+3,7 millions d’euros), en raison notamment
de la baisse de la dotation globale
de fonctionnement (DGF) versée par
l’Etat, le différentiel entre recettes et dépenses,
l’épargne brute, est en repli de 6,3
à 4,2 millions d’euros.

En dépit de cela, le budget ne prévoit pas
d’augmentation des impôts pour la
deuxième année consécutive.

« Si l’emprunt annuel est divisé par deux
par rapport à l’année dernière, la dette a
crû de 47 % depuis 2007. Nous payerons
cette année 12 millions d’euros de remboursement
de capital et 6,2 millions
d’euros d’intérêts. L’épargne nette est négative
à - 7,8 millions d’euros. Le surendettement
nous menace »
, a réagi Jean-
Jacques Karman
(Groupe communiste).
Suivi de Fayçal Ménia (UMP) : « L’encours
de la dette est devenu insoutenable.
Ce faisant, ce budget ne prévoit que des
mesurettes alors que le cadre de vie se dégrade
dans la ville.
D’autre part, si les
impôts n’augmentent pas, ils sont élevés
avec une augmentation de 43 % – Ville,
conseils régional et départemental confondus
– depuis 2007 »
.
« Avec un endettement
de 165 millions d’euros, on hypothèque
l’avenir d’Aubervilliers »
, a rebondi
le conseiller Didier Paupert (UNA).

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« Seuls 20 % d’augmentation
d’impôts sont imputables
à la municipalité
et la capacité de
désendettement s’est très
nettement améliorée depuis
2007
, a répondu
l’adjointe Véronique Le
Bihan
(PS). Les dépenses
d’investissements
visent quant à elle à développer
la ville, à changer
son visage. Le Landy
et ses nouveaux commerces
en est un bon
exemple »
.
Tandis que
l’adjoint Omar Aït-
Bouali
(PS) a pointé que
« la ville ayant accueilli
4 000 nouveaux habitants depuis 2008, les programmes de
logements, les équipements et les services
doivent être dimensionnés en conséquence
 »
.
Suivi de Jean-François Monino
(Verts) : « La ville est en mouvement, les
constructions sont visibles. Ouvrez les
yeux »
.

Pour Benoît Logre : « Ce budget recherche
l’efficience. Un euro dépensé doit être un
euro utile en matière de services et équipements.
Ceci, via les outils mis en place
– contrôle de gestion, plan d’économie,
programme d’action municipale, débat
sur la dette – comme les projets. Par exemple,
quand on étudie la mise en place d’un
réseau de chaleur, on favorise des économies
d’énergie à terme »
.

Le budget a été adopté sans les voix des
groupes Communiste, UMP et UNA.
Près
de 9,3 millions d’euros de subventions ont
ensuite été accordés à 171 associations –
culture, sport, loisirs...

Une rue Mouloud Aounit

Les élus ont également donné à une rue le
nom de Mouloud Aounit, figure albertivillarienne,
ancien président du Mouvement
contre le racisme et pour l’amitié entre
les peuples (Mrap), titulaire de la Légion
d’honneur, décédé en août 2012.
Cette voie
relie, dans le programme Spirit en cours,
les rues Schaeffer et Crèvecoeur.
« C’est un
juste retour du travail de Mouloud Aounit
sur les fronts de l’antiracisme, de la reconnaissance
du massacre du 17 octobre 1961
et du combat contre l’islamophobie »
, s’est
réjoui au cours d’une suspension de séance
Boualem Benkhelouf, président de l’association
Le 93 au coeur de la République
que Mouloud Aounit avait fondée.

Enfin, le projet d’Usine de films amateurs
sur l’ancienne Manufacture des Allumettes
est lancé.
« Chacun, de 7 à 77 ans, pourra
s’y s’initier au septième art par l’écriture
ou la réalisation de courts-métrages.
Michel Gondry, un des réalisateurs les
plus doués de sa génération, a choisi notre
site pour ce projet. Car notre territoire est
populaire, porteur d’histoire, reconnu pour
sa créativité, et il est tombé amoureux du
lieu, une vraie usine »
, a déclaré Abderrahim
Hafidi
, adjoint à la Culture. Des aménagements
sont nécessaires. « Nous signerons
en janvier, en présence du réalisateur
et de la Région, une convention qui constituera
un point de départ pour réaliser
des études préalables et solliciter des
financements »
.

Naï Asmar
Le 2 janvier 2014

PROCHAIN CONSEIL MUNICIPAL
Jeudi 30 janvier, 19 heures
Hôtel de Ville
Toutes les séances sont publiques.
Voir les procès-verbaux des conseils