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Des lycéens réunissent d’éminents anthropologues



Des lycéens du Corbusier ont organisé un colloque d’anthropologie réunissant les meilleurs spécialistes français devant un public nombreux, samedi dernier au théâtre La Commune.

Des lycéens du Corbusier ont organisé un colloque d’anthropologie réunissant les meilleurs spécialistes français devant un public nombreux, samedi dernier au théâtre La Commune.

Ils avaient tous dit oui. Ils sont tous venus.

Samedi 6 juin, les plus grands spécialistes français de l’anthropologie, la sociologie, l’histoire et la philosophie, se sont succédé sur la scène du théâtre la Commune, pour une journée de colloque public, "L’anthropologie pour tous".

Bernard Lahire, Maurice Godelier, Joël Candau, Bernard Sergent, Philippe Descola, Barbara Cassin, André Charrak, Stéphane François, Fabien Truong, Christian Baudelot ; Chantal Deltenre, Jean-Loïc Le Quellec... Ils ont fait le déplacement depuis Nice, Lyon, Cambridge.

Pourquoi cette motivation? Sans doute parce que cette journée d’échanges sur l’intérêt d’enseigner l’anthropologie à l’école était organisée par des lycéens dans l’onde de choc provoquée par les attentats de début 7 janvier.

Dans le cadre du projet Thélème au lycée Le Corbusier, les jeunes gens l’ont imaginée et préparée avec leurs professeurs Catherine Robert, Isabelle Richer, Valérie Louys et Damien Richard.

Partageant le constat que l’anthropologie, étude de l’homme dans ses différents contextes sociaux et culturels, permet de mieux connaître l’Autre et l’accepter, les conférenciers ont regretté que cette discipline ne figure pas dans les programmes scolaires.

"L’anthropologie permet de décentrer le point de vue, et de prendre ainsi du recul sur sa propre culture", a martelé Jean-Loïc Le Quellec.

"Enquête, observation, travail collectif... la démarche de terrain de cette discipline met en œuvre des compétences parfois ratatinées dans le système scolaire actuel", a également pointé Christian Baudelot.

Chantal Deltenre a fait part des ateliers animés depuis quinze ans en milieu scolaire via l’association Ethnologues en herbe. "Les jeunes font un travail de terrain dans leur quartier, leur environnement proche. C’est parfois pour eux un réenchantement du quotidien, à travers écoute, observation, respect du point de vue de l’autre".

NA
Photos : Michael Barriera
Le 8 juin 2015