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"L’emploi du temps actuel est reconduit l’année prochaine"

Entretien avec Meriem Derkaoui, adjointe à l’Enseignement, au sujet des rythmes scolaires.

Comment s’organiseront les semaines des écoliers à la rentrée 2015 ?

Nous reconduisons les horaires actuels.
Leur maintien a été voté, en mars et avril,
par la majorité des conseils d’école. L’école
commencera donc toujours à 8 h 45. Elle
finira à 11 h 45 le mercredi et à 15 h 45 les
lundi, mardi, jeudi et vendredi, avec une
pause méridienne de 11 h 45 à 13 h 30.

Ce devait être pourtant un dispositif transitoire…

Oui, car décidé après seulement six semaines
de concertation, entre avril et juin
2014. Dans un climat très tendu, il permettait
déjà de restaurer le cadre de l’école
en délimitant clairement temps scolaires
et extrascolaires…
Depuis la rentrée, la
concertation s’est poursuivie avec quatre réunions publiques et des rencontres avec
les directeurs d’école, les enseignants, Aubervacances Loisirs... Les modalités actuelles
font finalement consensus malgré
des points qui restent problématiques.

Lesquels ?

De la fatigue pour les enfants, surtout en
maternelle. De plus, pendant la pause méridienne
d’une durée de 1 h 45, certains
établissements ne peuvent accueillir les
enfants dans de bonnes conditions en cas
de mauvais temps. Un recensement méthodique
de tous les locaux disponibles ou
aménageables est d’ailleurs en cours.

Les activités périscolaires à l’école sont elles bel et bien abandonnées ?

En touchant tous les enfants, c’était une
idée généreuse mais un gouffre financier,
dans des conditions d’accueil difficiles. Ne
perdons pas de vue l’essentiel. La priorité,
ce sont les apprentissages fondamentaux,
lecture, écriture, calcul… Aubervilliers, et
la Seine-Saint-Denis, souffrent d’une
inégalité en termes d’accès au savoir, avec
un taux d’échec scolaire important.
Ici,
après l’école, des activités sont depuis longtemps
proposées dans les centres de loisirs
et les maisons de l’enfance.

Il reste des inégalités en termes d’accès aux activités culturelles ou artistiques…

Contre cela, nous avons mis en place sur le
temps scolaire des interventions d’éducateurs
sportifs, de professeurs de musique
ou d’arts plastiques. Chaque élève, pendant
trois mois de l’année, bénéficie d’une
activité sportive ou culturelle.
Cela a un
coût pour la Ville : un million d’euros, pris
en charge en partie par l’Etat dans le cadre
du fonds d’amorçage.

Priorité à l’école donc ?

Cette année, nous avons mis le paquet ! Nous
investissons 2 millions d’euros pour aménager
trois classes dans l’ancien conservatoire,
rénover des cours d’écoles, améliorer
le bâti… Au total, nous demandons vingt
ouvertures de classes à la rentrée prochaine.

Pourtant, l’Education nationale en accorderait à ce jour seulement neuf…

Nous sommes très en colère ! C’est inacceptable.
Le maire a d’ailleurs écrit en ce
sens au directeur académique.
Comment
peut-on classer ce territoire en éducation
prioritaire, c’est-à-dire reconnaître ses difficultés
et la nécessité d’améliorer les conditions
d’accueil des enfants, et proposer moins
de la moitié des postes d’enseignants nécessaires ? Le nombre d’élèves par classe peut
exploser. Nous demandons que les seuils
de 25 élèves en maternelle et 23 en élémentaire
soient impérativement respectés.


Propos recueillis par Naï Asmar
Le 6 Mai 2015