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Trois années d’actions



L’équipe municipale vient de franchir le cap du mi-mandat. Jeudi 23 juin à 19 h en mairie,
une réunion publique fera le bilan des trois années écoulées. Avant ce rendez-vous,
et pour lancer le débat, Aubermensuel a interviewé le maire, Jacques Salvator.

L’équipe municipale vient de franchir le cap du mi-mandat. Jeudi 23 juin à 19 h en mairie,
une réunion publique fera le bilan des trois années écoulées. Avant ce rendez-vous et pour lancer le débat, le maire, Jacques Salvator, a donné une interview à Aubermensuel. Posez-lui vos questions dès à présent ici.

Participez au débat
Dès à présent, posez vos questions
Le maire y répondra jeudi 23 juin à 19 h à Hôtel de Ville.

Vos questions à Jacques Salvator, maire d’Aubervilliers
[Obligatoire] :
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Pourquoi avez-vous voulu ce moment
public de rendu de l’action municipale ?

Après trois ans d’action municipale, le
moment est opportun.
Suffisamment de
choses ont été impulsées pour qu’un débat
concret avec la population puisse avoir
lieu.
Notre ville vit des moments importants
de son évolution, il nous faut en discuter
ensemble.
Que les citoyens jugent
sur pièces, émettent leurs remarques et
critiques sur des dossiers et des actions
publiques précises.

La première partie du mandat a été consacrée
à mettre en oeuvre le plus rapidement
possible ce à quoi nous nous étions engagés
lors des élections de 2008.
Quand il
s’agit, et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres,
de sortir un nouveau groupe scolaire
de terre moins de 20 mois après notre arrivée,
pas question de traîner en route !

C’est pourquoi ma première priorité était
d’abattre le plus de travail possible dès le
début du mandat.
Nous avions beaucoup
à faire pour relancer notre ville et c’était le
moment ou jamais.
Maintenant que les choses prennent
corps, débattons.
Cet entretien lance la
discussion. Le 23, nous irons au fond
des choses.

L’ouverture du Millénaire, l’arrivée annoncée
de Veolia, la deuxième étape du
chantier du métro, la construction du nouveau
Conservatoire, une concertation sur le
futur campus Condorcet, Aubervilliers fait
beaucoup parler d’elle en ce moment…

C’est vrai qu’en matière de grands projets
nous vivons une période assez exceptionnelle…
Quand le centre commercial Le
Millénaire ouvre, c’est un événement pour
Aubervilliers, en matière d’équipement et
d’aménagement.
C’est aussi, et ce n’est pas
mineur, des créations d’emplois.
160 Albertivillariens
y travaillent déjà, majoritairement
des jeunes et les trois-quarts
d’entre eux en CDI.
Quand Veolia choisit Aubervilliers comme
futur site d’implantation de son siège, ce
n’est pas non plus une petite nouvelle (d’autant
que le projet du centre aquatique olympique
en est, dans le même temps, relancé).

Une entreprise qui vient chez nous avec
4 000 salariés, c’est important pour la ville,
y compris, là aussi, parce que cela créera
des emplois indirects.
Ça compte. Tout
compte sur le front de l’emploi au regard
des années de crise que nous traversons.
Une ville qui se développe vraiment ce ne
sont pas que des bâtiments qui sortent de
terre, ce sont surtout des habitants qui y gagnent
de nouvelles possibilités : cadre de
vie, logement, emploi, éducation, transports,
etc.
Des transports, parlons-en. Alors que le
chantier de la ligne 12 avance, l’annonce
vient d’être faite qu’Aubervilliers a été retenue
dans le tracé du futur métro du Grand
Paris (Arc Est proche).
Ce sont deux stations
supplémentaires, à la Mairie et au
Fort, qui vont finir de désenclaver notre
ville (du Landy à la Maladrerie) en la raccordant
à cette rocade qui fera le tour de la
petite couronne.
Bien sûr, ce projet-là n’est
pas pour tout de suite (2025), mais l’Aubervilliers
de demain renforce déjà celui
d’aujourd’hui.
Les entreprises, de nouveaux
habitants, des investisseurs viennent
et viendront parce qu’ils savent vers
quoi nous nous dirigeons.
Imaginez, par
exemple, le gain en termes d’image et d’ambiance
générale quand le campus universitaire
Condorcet sera construit.
Aubervilliers est, je le crois, désormais sur
les bons rails.
Il a fallu, faut et faudra beaucoup courir pour ne pas rater les trains
qui passent.

Le développement de la commune
c’est une chose, mais les Albertivillariens
sont également en attente d’améliorations
dans leur vie quotidienne. Propreté, sécurité,
services de proximité, etc., où en êtesvous
?

Je sais que les attentes sont fortes. Les Albertivillariens
ont droit à la tranquillité et à
une ville plus propre.
En matière de sécurité,
nous avons enregistré des avancées ces
deux dernières années et d’autres sont à
venir : arrivée en juin de la Brigade de sécurité
territoriale, mise en place de correspondants
de nuit...
Néanmoins, sur ce sujet,
nous devons continuer à travailler en profondeur.
Nous menons actuellement une
réflexion municipale sur la vidéo surveillance
et sur la création d’une maison des
adolescents.
Pour compléter, j’ajouterai que
la municipalité déploie aussi des efforts
assez inédits en France pour favoriser la
réinsertion et casser les cercles vicieux de
la récidive.

Actuellement, Aubervilliers est un vaste
chantier.
Les élus ont parfaitement conscience
(ils sont eux-mêmes habitants et
usagers de la ville) des nuisances que cela
rajoute au quotidien.
On ne peut pas se
contenter de dire aux gens de prendre leur
mal en patience sous prétexte que ces
chantiers ont pour finalité d’améliorer la
ville.
Voilà pourquoi j’ai mis en place un
Groupe de travail Chantiers, Travaux et
Vie quotidienne qui suit scrupuleusement
l’ensemble des travaux en cours pour ajuster
tout ce qui peut l’être afin de réduire
tant que faire se peut leur impact sur la vie
de nos concitoyens.

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Qu’en est-il de la situation financière de
la Ville ?

Depuis le début du mandat, je m’astreins
à la plus complète transparence en la matière.
C’est pourquoi, et c’est une première
sur cette ville, avant chaque vote annuel du budget je vais dans les quartiers m’en
expliquer avec les habitants et un Guide
des finances locales est édité.
Quelle était la situation à notre prise de
fonction ?
Depuis 2002 et d’une année sur
l’autre, le budget de la Ville se creusait
d’un trou annuel de plusieurs millions d’euros.
Cette situation comptable avait comme
conséquences le recours à l’emprunt pour
financer des dépenses de fonctionnement,
la vente d’une partie
du patrimoine communal et
une réduction drastique des investissements,
d’où, par exemple,
un manque de classes et de
crèches pour accueillir les enfants.
Il a fallu changer de cap. En augmentant
la fiscalité locale, en faisant
la chasse à certaines dépenses,
en maîtrisant la progression de la
masse salariale de l’administration communale,
et en recherchant, à l’extérieur,
des recettes nouvelles (dotations et partenariats
institutionnels, investissements
divers...).

Est-ce à dire que nous sommes désormais
sortis d’affaire ?
Nous n’avons plus la tête
sous l’eau, c’est vrai.
Mais, et je le répète,
ce qu’il nous faut garantir maintenant, c’est
le développement de notre ville.
Notamment
parce que cela nous apportera de
nouvelles ressources.
D’où la nécessité, en
plus, de maintenir des services publics
de qualité, de faire les investissements
structurants qui nous feront gagner
à terme.

Avec les dernières élections cantonales,
le contexte politique s’est
tendu à Aubervilliers.
Cela a-t-il
des conséquences sur la gestion
municipale ?

Je suis un homme de dialogue et il
n’y a pas de raison que cela change.
Cela étant dit, chaque force politique
locale est responsable de ses prises de
positions.
Au sein du conseil municipal, la
majorité travaille et l’opposition joue son
rôle.
Parfois de manière constructive, parfois
moins…

J’ai longtemps considéré que le PCF était
une minorité au sein du conseil plutôt
qu’une opposition.
Lors des dernières cantonales,
le PCF a mené une campagne extrêmement
dure, aux accents injurieux,
vis-à-vis de la gauche départementale et
de la candidate soutenue par la majorité
municipale PS-Verts-PRG-Divers gauche.
Dès lors, les élus du PCF local choisissant clairement l’opposition, nous en avons
tiré les conséquences.

On vous voit un peu partout dans la ville
mais aussi en dehors… Un jour à Cannes
aux côtés de Jamel Debouzze pour présenter
un projet culturel, le lendemain à
Gênes pour défendre la candidature d’Aubervilliers
et de Saint-Denis à l’organisation
d’un forum mondial sur la sécurité
urbaine. N’avez-vous pas peur que l’on
vous reproche ce côté VRP ?

Aubervilliers a trop longtemps souffert
d’une image difficile, essayer de la redresser
fait partie de ma mission.
Cannes ? Aubervilliers
y a fait un sacré « buzz ».
C’est
la Région qui a payé le déplacement, mais
c’est nous qui allons récupérer un projet
culturel avec le réalisateur international
Michel Gondry dont tout le monde va
parler.
Nous y étions aussi pour défendre
un film réalisé par deux jeunes albertivillariens.

Aubervilliers est une ville passionnante et
il faut être passionné pour la défendre et la
valoriser.
On ne peut pas en être maire à
mi-temps tant les défis à relever sont nombreux.
Si l’on me voit parfois à l’extérieur
de ses murs, cela ne m’empêche pas d’être
présent auprès de mes administrés.
Je circule
toujours en vélo dans la ville et pas
derrière des vitres teintées !
Les gens ne
se privent d’ailleurs pas de m’arrêter en
chemin.
Je suis accessible, tout comme mon équipe
municipale qui a tenu plus de 250 permanences
sans rendez-vous avec 2 500 personnes
reçues depuis le début du mandat.
C’est prenant, on ne compte pas ses
heures...

Propos recueillis par la rédaction d’Aubermensuel
Le 6 juin 2011