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Les jours heureux au Studio

« Quand l’utopie des résistants devint réalité » surligne ce très pertinent film-documentaire de Gilles Perret. L’idée ? Remettre en lumière le programme du Conseil National de la Résistance le vendredi 20 juin.

« Quand l’utopie des résistants devint réalité » surligne ce très pertinent film-documentaire de Gilles Perret. L’idée ? Remettre en lumière le programme du Conseil National de la Résistance le vendredi 20 juin.

Au moment où les idéologues patentés s’époumonent à promouvoir les politiques libérales, à ériger l’austérité en cap incontournable sur le mode thatchérien There is no alternativ, Gilles Perret a eu l’excellente idée de remettre en lumière le programme du Conseil National de la Résistance (CNR).
Rédigé entre mai 1943 et mars 1944 dans la France occupée, ce document a été intitulé « Les jours heureux » par ses rédacteurs, issus de toutes les tendances politiques, de tous les mouvements de la résistance et des syndicats CGT et CFTC. C’est un programme de gauche qui va s’appliquer en France de 1944 à 1947 et qui sera le socle de notre système de protection sociale.

« Le désir de raconter cette histoire, c’est venu du fait que c’est une histoire qui est très méconnue, qui n’a jamais été racontée, en tout-cas pas au cinéma et pas dans des films, et dans très peu de livres.
Je m’en suis rendu compte sur un premier film que j’avais fait en 2009
– Walter retourne en résistance – où on abordait le programme du CNR un peu par la bande et où on n’avait expliqué ni la genèse, ni le contenu. Quand on a circulé dans énormément de salles Art et Essai avec Walter, on s’est rendu compte que l’extrême majorité des spectateurs ne savait même pas que la sécurité sociale, par exemple, venait de là », se souvient le réalisateur.
La sécu, les retraites par répartition, la création des comités d’entreprises… et encore, les nationalisations, la liberté de la presse, le primat de l’intérêt général sur l’intérêt particulier.

Dans Les jours heureux, des hommes témoignent : Raymond Aubrac, Léon Landini, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Stéphane Hessel (résistants) ; il y a aussi Daniel Cordier, le secrétaire de Jean Moulin. Les historiens – Laurent Douzou et Nicolas Offenstadt – remettent en perspective, élucident.
Et nous ? On devrait y courir pour s’entendre rappeler que l’air du temps appelle résistance : barrer ceux qui entendent défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance.


Eric Guignet
Le 16 juin 2014


Les Jours Heureux au cinéma Le Studio
Vendredi 20 juin à 20h
Séance animée par Jean-Pierre Dubois, Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme