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Bona Kélé en pleines figures !

1915, la France mate l’insurrection de plusieurs peuples de l’actuel Burkina-Faso. Bona Kélé (la guerre de Bona), un spectacle raconté au moyen de statuettes, ce vendredi 5 à la Villa Mais d’Ici.

1915, la France mate l’insurrection de plusieurs peuples de l’actuel Burkina-Faso. Bona Kélé (la guerre de Bona), un spectacle raconté au moyen de statuettes, ce vendredi 5 à la Villa Mais d’Ici.

À ne manquer sous aucun prétexte Bona Kélé. Ce spectacle créé et produit par les Grandes Personnes d’Aubervilliers et les Grandes Personnes de Boromo (Burkina-Faso) sort des oubliettes de l’Histoire un épisode passé sous silence de la guerre de 1914-1918.
Il le raconte au moyen de 53 statuettes sculptées par les descendants africains de ceux qui participèrent à la révolte contre la conscription française.
« Les races de l’Afrique occidentale sont non seulement guerrières mais essentiellement militaires.
Elles aiment le danger, la vie d’aventure mais sont disciplinables
 » écrit le lieutenant-colonel Mangin dans La Force Noire, paru en 1910.
Le chapitre III de cet ouvrage vante les Qualités militaires, attachement à la France, facilité d’instruction, aptitudes à la manœuvre, discipline, dévouement au chef, endurance, impétuosité du choc supposément attachés à ces populations.
Yabon la chair à canon pour alimenter les régiments de tirailleurs et mettre la pâtée aux Boches ! Sauf que la rébellion va éclater – en premier lieu dans le village de Bona – s’entendre et impliquer plusieurs ethnies, pro-françaises ou non.

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Les statuettes captent l’attention cependant que les conteurs français et burkinabè déroulent un récit écrit à partir d’une collecte de témoignages recueillis sur place.
On y repensera longtemps à ce tir de canon sur un baobab géant aux fins d’impressionner les indigènes, à ces obus au phosphore et fusils Lebel opposés à des frondes et des flèches…

Pas de ressentiment pour autant puisque « entre les mains de récitants français et burkinabè, ces statuettes manipulables deviennent des supports intimes et accessibles d’une mémoire devenue commune dans le moment du spectacle. Le sang versé à l’époque est aujourd’hui un signe de parenté », expliquent les Grandes Personnes.

Éric Guignet
Le 4 juin 2015

Bona Kélé

Le vendredi 5 juin à 20h à la Villa Mais d’Ici
77 rue des Cités - 93300 - Aubervilliers - Métro Ligne 7 Quatre Chemins
contact@villamaisdici.org - Tel : 01 41 57 00 89 ou 09 50 20 76 58
Entrée libre